OGM : le dossier

  1. Qu'est de qu'un OGM ?

    Un Organisme Génétiquement Modifié (OGM) est un organisme vivant qui a été créé artificiellement par l'homme en manipulant son identité génétique.

    Ce sont les techniques très récentes du génie génétique qui permettent d'extraire un ou plusieurs gènes d'un organisme (virus, bactérie, végétal ou animal), de les insérer dans le génome d'un autre organisme et ainsi de former un "organisme génétiquement modifié". Aujourd'hui, par exemple, on a déjà introduit les gènes d'un poisson dans des fraises, d'un humain dans un mouton ou encore d'une bactérie dans du maïs...

    Ainsi, l'homme crée des espèces nouvelles, inconnues de la nature, dont le comportement est imprévisible. Et pourtant, les entreprises de biotechnologies les introduisent massivement dans l'environnement...

  2. Des risques pour notre environnement... Des risques pour notre santé ?

    Aujourd'hui, personne ne peut prévoir les conséquences à long terme de l'introduction d'OGM dans l'environnement. Ce que l'on sait par contre, c'est que ces disséminations risquent de provoquer des contaminations génétiques irréversibles, car les gènes introduits artificiellement dans une plante sont susceptibles d'être transmis à des plantes apparentées, qui peuvent se répandre dans l'environnement. Lorsque ces gènes sont "lâchés", il devient impossible de les "rattraper" pour les ramener au labo !

    Perte de biodiversité, développement de résistances, pollution génétique, apparition d'espèces envahissantes, effets sur des espèces non ciblées... voilà quelques uns des maux auxquels devront faire face les agriculteurs, mais aussi l'ensemble des citoyens et notre planète, si les OGM sont cultivés à grande échelle. Et autant de raisons pour les compagnies d'assurance de refuser d'assurer les risques liés aux OGM.

    es dégâts sur la santé humaine que pourrait provoquer l'introduction des OGM dans l'alimentation n'ont pas été étudiés sur des périodes longues. Pourtant, alors que les scientifiques n'ont toujours pas prouvé l'innocuité des aliments transgéniques et que nombre d'entre eux insistent sur leurs dangers potentiels, la mise en culture et la commercialisation des OGM restent d'actualité ! Comme si les profits de quelques multinationales devaient primer sur la santé.

    Or l'introduction d'OGM dans la nourriture pourrait augmenter les risques d'allergies alimentaire, voire créer de nouvelles formes d'allergies. Elle pourrait également rendre des bactéries pathogènes résistantes aux antibiotiques ou encore faire apparaître de nouveaux toxiques aux effets inconnus dans les plantes modifiées...

  3. Que demande Greenpeace ?

    Greenpeace s'oppose aux disséminations d'OGM dans l'environnement pour les raisons suivantes :
    • Les risques écologiques sont irréversibles et très mal évalués : perte de biodiversité, augmentation de l'utilisation de pesticides, développement d'insectes et plantes "nuisibles" résistantes aux pesticides, transfert de gènes entre espèces
    • Les risques sanitaires à long terme sont très mal connus : risques d'allergies, de toxicité, développement de bactéries résistantes aux antibiotiques
    • Les risques économiques et sociaux pour les agriculteurs sont considérables : perte totale d'indépendance et de maîtrise de la production, perte de rendements, interdiction de conserver les semences d'une année sur l'autre pour les replanter… Il n'est pas concevable que l'agriculture et l'alimentation mondiales passent sous la coupe de quelques multinationales.
    • Le vivant - les semences, les plantes ou leurs génomes - est un patrimoine commun de l'humanité. Ce n'est pas une marchandise brevetable pour le seul bénéfice d'intérêts privés.
    • Le génie génétique n'est clairement pas la solution à la faim et à la malnutrition dont souffrent 800 millions de personnes dans le monde. Pour y remédier, il faut avant tout assurer une meilleure répartition des richesses, le développement d'infrastructures adaptées et promouvoir une agriculture durable, adaptée aux conditions locales, à l'opposé de l'agriculture industrielle qu'imposent les OGM.

    Greenpeace n'est pas opposée à la recherche thérapeutique utilisant des OGM, dès lors que ces OGM restent en laboratoire.

    Partout dans le monde, de plus en plus de consommateurs refusent les OGM.
    Les agriculteurs eux-mêmes n'en veulent pas.

  4. Des OGM dans notre assiette ?

    Les OGM peuvent être introduits dans la chaîne alimentaire, soit par le biais des produits directement destinés à l'alimentation humaine, soit par celui de l'alimentation des animaux d'élevage dont nous consommons les produits (viande, lait, oeufs,...)

    En Europe, la mobilisation du public contre les OGM a été particulièrement importante depuis 1996, date d'arrivée des premiers OGM sur le marché et du lancement de la campagne OGM de Greenpeace. Depuis, avec le "moratoire de fait" décidé en 1999 par les gouvernements européens et la politique de non-OGM progressivement développée par la majorité des entreprises agro-alimentaires et des entreprises de la grande distribution (pour les produits de leur propre marque), les étales des magasins n'ont pas été envahis par les OGM.

    Notez que les produits issus de l'agriculture biologique (logo "AB") sont garantis sans OGM, tant dans l'alimentation humaine que dans l'alimentation animale.

    Mais la situation peut changer. Il reste encore beaucoup à faire pour garantir le maintien de filières non-OGM. C'est pourquoi, Greenpeace interroge régulièrement les fabricants, distributeurs et producteurs sur l'évolution de leur politique en matière d'OGM et leur demande des garanties écrites concernant la mise en oeuvre effective de leurs engagements.

    Notez que les produits issus de l'agriculture biologique (logo "AB") sont garantis sans OGM, tant dans l'alimentation humaine que dans l'alimentation animale.

  5. La nouvelle réglementation européenne relative aux OGM

    La forte mobilisation des consommateurs européens contre les OGM a poussé les instances européennes à prendre des mesures sur l'étiquetage des OGM. Ainsi, deux réglementations ont-elles vu le jour en 1997 et 2000, imposant respectivement l'étiquetage des ingrédients OGM, puis des ingrédients et additifs OGM (au-dessus d'un seuil de 1%). Face aux graves insuffisances de ces premières réglementations, les instances européennes ont adopté en juillet 2003 deux nouveaux règlements visant à assurer une meilleure information des consommateurs...

    Deux règlements ont été publiés au journal officiel de la communauté européenne le 18 octobre 2003 :
    • Le Règlement 1829/2003/CE du Parlement Européen et du Conseil concernant les denrées alimentaires et les aliments génétiquement modifiés pour animaux.
    • Le Règlement 1830/2003/CE du Parlement européen et du Conseil concernant la traçabilité et l'étiquetage des OGM et la traçabilité des produits destinés à l'alimentation humaine ou animale produits à partir d'organismes génétiquement modifiés. Ces deux Règlements sont applicables depuis le 18 avril 2004.

  6. L'étiquetage des OGM dans l'alimentation des animaux d'élevage

    60 à 80 % des OGM pénètrent "à notre insu" dans la chaîne alimentaire via l'alimentation des animaux d'élevage. Le secteur de l'alimentation animale représente l'essentiel du marché des OGM. A compter du 18 avril 2004, l'alimentation animale doit être étiquetée comme contenant des OGM, si le soja/maïs/colza utilisés dans ces aliments sont produits à partir de plus de 0,9% d'OGM. C'est la grande avancée de cette nouvelle réglementation européenne. Cet étiquetage permettra ainsi aux éleveurs de savoir si oui ou non ils donnent des OGM à leurs animaux d'élevage et de choisir de respecter, ou pas, le rejet des OGM par les consommateurs.

    Malheureusement, l'étiquetage ne concernera pas les produits issus des animaux nourris avec des OGM tels que le lait, la viande, la charcuterie, le fromage ou le poisson. Le consommateur ne disposera toujours pas des moyens de savoir si les animaux dont ils consomment les produits ont été nourris ou non avec des OGM.

    Greenpeace a donc interrogé les professionnels de l'élevage pour connaître leurs positions. Ce travail nous permet de proposer des listes qui ont pour objectif de pallier les lacunes réglementaires et de vous informer sur la composante "transgénique" de ce type de produit. Vous ne trouverez pour l'instant que des listes pour les viandes de volailles et de porcs car ce sont ces animaux qui, avec leur ration alimentaire, sont susceptibles de consommer le plus de soja et/ou maïs OGM. D'autres listes sur la viande de bœuf et les produits dérivés (lait, oeufs, ...) vous seront proposées par la suite.

    Ces listes sont aussi des outils pour que vous puissiez faire pression sur les acteurs de cette filière (fabricants d'alimentation pour animaux, éleveurs, distributeurs...) afin qu'ils changent de politique en matière d'OGM et mettent en place des filières non-OGM. Seul un basculement du marché de l'alimentation animale vers le non-OGM peut écarter réellement et durablement les OGM de la chaîne alimentaire.

    Accès aux listes des produits viandes avec ou sans OGM

  7. L'étiquetage des OGM dans l'alimentation humaine

    Depuis le 18 avril 2004, les fabricants ont pour obligation de faire figurer sur les emballages de leurs produits la mention "produits à partir de maïs/soja/colza génétiquement modifié" :
    • lorsque un ou plusieurs des ingrédients de ces produits (farine, flocons,...) contiennent plus de 0,9% de maïs/soja ou colza* génétiquement modifiés,
    • lorsque les additifs ou arômes de ces produits (amidon, lécithine,...) sont issus de maïs/soja/colza génétiquement modifié (même seuil de 0,9% applicable à chacun des additifs ou arômes),
    • lorsque les ingrédients sont produits à partir d'une matière première contenant plus de 0,5% d'un OGM non encore autorisé en Europe, mais ayant fait l'objet d'une évaluation favorable des autorités compétentes,
    • enfin, et c'est une grande avancée de cette nouvelle réglementation, lorsqu'il n'y a plus de trace de la modification génétique (ADN* ou protéine) mais que les produits sont issus d'OGM. Ainsi, une multitude de composants alimentaires (comme l'amidon, l'huile, le sucre) sont désormais potentiellement concernés par l'étiquetage (cf. liste des ingrédients et additifs ci-dessous)

    ATTENTION : ne sont donc pas concernés par cet étiquetage - et ne sont pas considérés comme "OGM" ou "produits à partir d'OGM" -, les produits contenant de façon fortuite ou techniquement inévitable des traces d'OGM jusqu'au seuil de 0,9%, à partir du moment ou des mesures adéquates ont été prises pour éviter autant que possible la présence de traces. Ainsi, lorsqu'un produit destiné à être utilisé comme ingrédient ou additif contient des traces d'OGM et n'est pas accompagné d'une indication qu'il est OGM ou produit à partir d'OGM, ces traces doivent être fortuites ou techniquement inévitables, ne pas dépasser le seuil de 0.9% et le fabricant doit pouvoir montrer aux autorités de contrôle, qu'il a mis en œuvre à son niveau, ainsi qu'avec son fournisseur, les moyens adéquats pour éviter la présence d'OGM. Les termes de présence fortuite ou techniquement inévitable excluent toute introduction délibérée d'OGM.

    ATTENTION : si vous lisez "amidon modifié de maïs" sur une étiquette, cela ne signifie pas que le maïs a été génétiquement modifié, mais que l'amidon a subi une transformation physico-chimique pour être utilisé dans la préparation. Si le maïs est génétiquement modifié, vous lirez "amidon modifié de maïs" et également la mention "issu de maïs génétiquement modifié" ou une formule similaire qui contiendra les mots "génétiquement modifié".

    Ingrédients pouvant contenir des OGM et devant être étiquettés
    Liste non exhaustive

    Dextrine

    Huile de maïs
    Huile de colza
    Fondant
    Maltodextrine
    Protéine de soja
    Fructose
    Maltose
    Protéine de soja
    texturée
    Sirop de fructose
    Sirop de maltose
    Glucose
    Produits à base de
    protéine végétale
    Huile de soja
    Sirop de glucose
    Amidon
    Caramel
    Graisse d'origine
    végétale
    Colorateur de sucre
    Polenta

    Additifs pouvant contenir des OGM et devant être étiquettés
    Liste non exhaustive
    E10

    Lactoflavine, vitamine B (colorant)

    E150

    Caramel (colorant)

    E 304

    Acide ascorbique et dérivés (antioxydant)

    E297

     

    E306

    Tocophérole, vitamine (antioxydant)

    E307

    Alpha-Tocophérole (antioxydant)

    E308

    Gamma-Tocophérole (antioxydant)

    E309

    Delta-Tocophérole (antioxydant)

    E322

    Lecithine (antioxydant)

    E420

    Sorbitol (émulsifiant)

    E421

    Mannitol (émulsifiant)

    E431  
    E432 - 436

     

    E442 E460

    Cellulose microcristalline et dérivés (émulsifiant)

    E461

    Méthylcellulose (émulsifiant)

    E463

    Hydroxypropylcellulose (émulsifiant)

    E464

    Hydroxypropylmethylcellulose (émulsifiant)

    E465

    Methylethylcellulose (émulsifiant)

    E466

    Carboxymethylcellulose (émulsifiant)

    E 470

    Sels de sodium, potassium et calcium d' acides gras alimentaires (émulsifiant)

    E470b

    Sels de magnésium des acides gras (émulsifiant)

    E 471

    Mono et Diglycérides d'acides gras alimentaires (émulsifiant)

    E472a

    Esters glycéroliques de l'acide acétique et d'acides (émulsifiant)

    E472b

    Esters glycéroliques de l'acide gras lactique et d'acides gras (émulsifiant)

    E473

    Esters de saccharose et d'acides gras alimentaires et diglycérides d'acides gras alimentaires (émulsifiant)

    E474

    Mélange d'esters de saccharose et de mono- et diglycérides d'acides gras alimentaires, (émulsifiant)

    E475

    Esters polyglycériques d'acides gras alimentaires non polymérisés (émulsifiant)

    E477

    Esters du propylène-glycol et des acides gras alimentaires

    E482

    Acide stéaroyl-2 lactylique et dérivés (émulsifiant)

    E483

    Acide stéaroyl-2 lactylique et dérivés (émulsifiant)

    E491

    Monostéarate de sorbitane

    E492

    Tristéarate de sorbitane

    E 493

    Monolaurate de sorbitane

    E 493

    Mono-oléate de sorbitane

    E495

    Monopalmitate de sorbitane

    E570

    Acide stéraique

    E574

    E575

    Glucono-delta-lactone

    E576

    Gluconate de sodium

    E577

    Gluconate de potassium

    E578

    Gluconate de calcium

    E636

    Maltol révélateur de goût

    E953

    Isomalte (édulcorant)

    E965

    Maltitol, sirop de maltitol

    E1200

    Polydextrose

    E1404

     

    E1410

    Phosphate d'amidon

    E1412

    Phosphate de diamidon

    E1413

    Phosphate de diamidon phosphaté

    E1414

    Phosphate de diamidon acétylé

    E1420

    Amidon acétylé

    E1422

    Adipate de diamidon acétylé

    E1442

    Phosphate de diamidon hydroxypropylé

    E1450 Octényle succinate d'amidon sodique

    Remarque  : Se pose également la question de l'étiquetage des ingrédients issus de l'utilisation de micro-organismes génétiquement modifiés en laboratoire, comme la vitamine C ou le glutamate. Au jour d'aujourd'hui, la réglementation n'est pas claire et on ne sait pas si ces ingrédients doivent être étiquetés ou non. Quoiqu'il en soit, et à priori, les micro-organismes utilisés pour la production de ces ingrédients ne sont pas présents dans le produit final. Ils ne sont utilisés que dans des laboratoires, donc en milieux confinés, et ne menacent pas directement l'environnement. C'est pourquoi ils n'entrent pas dans le champ de ce guide.

    En résumé...
    Exemples Etiquettage après le 18 avril 2004 Etiquettage avant le 18 avril 2004
    semence de maïs
    oui

    oui

    maïs doux, pousses de soja
    oui
    oui
    farine de maïs
    oui
    oui
    huile de maïs
    huile de soja
    huile de colza
    oui
    non
    sirop de glucose produit à partir d'amidon de maïs
    oui
    non
    oeufs, viande, lait
    non
    non
    produits boulangers avec l'aide d'amylase
    non
    non
    léchithine hautement filtrée extraite de soja OGM
    oui
    non
    corn gluten feed, tourteaux de soja
    oui
    non
    vitamine B2 (riboflavine)
    oui
    non

    Greenpeace vous propose sur ce site le Magasin des horreurs transgéniques où vous trouverez une liste préliminaire et provisoire des quelques produits étiquetés comme contenant des OGM disponibles dans les rayons des supermarchés. Comme souligné plus haut, la nouvelle réglementation européenne pourrait changer la donne et amener certains industriels et distributeurs à revenir sur les engagements qu'ils ont pris à l'égard de leurs clients, à savoir leur garantir une offre de produits alimentaires sans OGM. Cette liste sera remise à jour régulièrement au cours des prochains mois.

    Il faut refuser de consommer ces produits tant que le fabricant ne se sera pas engagé à ne pas utiliser d'OGM dans ses recettes. Il faut rester vigilant afin de prévenir l'apparition sournoise de produits nouvellement étiquetés. Grâce à ses Détectives OGM, Greenpeace vous tiendra informé, sur ce site, dès leur apparition dans les rayons afin de vous permettre de les refuser et d'agir pour obtenir leur retrait.

    * Ce sont les principales plantes OGM actuellement utilisées pour la fabrication alimentaire; mais d'autres plantes OGM pourraient à terme se retrouver dans la chaîne alimentaire.

    * ADN ou acide désoxyribonucléique : constituant des chromosomes, formée de nucléotides et dont l'ordre constitue le code génétique, c'est-à-dire l'ensemble des instructions qui permet aux cellules et aux organismes de fonctionner.

Source: Greenpeace France
http://greenpeace.datapps.com/detectivesOGM/dossier.php3
juillet 2004